jueves, abril 16, 2026

SINGE SAPIENS, L'animal est arrivé.



SINGE SAPIENS

(L'animal est arrivé)



Gavarre Benjamin 


©  BENJAMÍN GAVARRE SILVA





  •  (Francophone Version)

  • HUGO: Un académicien quadragénaire, expert en lettres modernes, spécialiste de l'existentialisme. Tiraillé entre sa pensée cartésienne et un instinct préhistorique qu'il réfute intellectuellement.

  • SARA (Mentionnée): Sa femme. Pragmatique, elle a troqué la passion pour les documentaires d'Arte et les enquêtes criminelles suédoises.

  • LISANDRO (Mentionné): Le voisin "Épicurien" et snob du bio-dynamique.

  • L'HUGONOT: L'alter ego d'Hugo; sa version du Paléolithique Supérieur, qui prend le dessus dès que la bureaucratie ou le service client s'en mêlent.


2. Le Spectacle (Poster Design)

  • Image: A medium close-up of Hugo in his minimalist white quartz kitchen, perhaps on a Parisian underground stage. He wears the medical-grade silicone harness over a tailored charcoal grey three-piece suit. Under one arm, his motorcycle helmet. What makes it striking: his face is painted with two large red stripes (warrior style), and he holds a wireless microphone, staring intently at the audience with a mix of academic confidence and silent internal panic. The brick wall backdrop has a subtle neon sign that reads: LE CAVE DE L'ESPRIT (THE CELLAR OF THE MIND).

  • Title: MONO SAPIENS (LE CAVE DE L'ESPRIT).

  • Tagline (Español): "El hardware no acepta actualizaciones de cortesía."

  • Tagline (Français): "Le hardware n'accepte pas les mises à jour de politesse."


And here is the fully expanded and francized script:

III. Le Manuscrit: Mono Sapiens (Le Cave de l'Esprit)

(SCÈNE: Une cuisine moderne, minimaliste. Cuartzo blanc. HUGO entre. Il porte un harnais d'allaitement ergonomique de haute technologie, qu'il réajuste sans cesse. Dans une main, une éponge de cuisine; de l'autre, son casque de moto. Il s'arrête, fixant le public avec un mélange de fatigue existentielle et de fierté académique. Sa voix est celle d'un homme qui donne une conférence au Collège de France).

I. Le Spécimen Sapiens-Plus

HUGO: Regardez-moi bien. Observez ce spécimen. Je suis l'aboutissement de millénaires d'évolution, le zénith de la civilisation occidentale, un véritable "modelo Sapiens-Sapiens-Sapiens… Plus." Je ne traîne plus personne par les cheveux; non, j'tire le chariot du supermarché d'une seule main, tandis que de l'autre, je réponds aux courriels de la maison d'édition sur la transversalité des genres et l'intersectionnalité du texte… Ugh... Quel virelangue, n'est-ce pas?

[SLAPSTICK: La bouteille du harnais glisse légèrement et commence à faire couler de la "formule bio" sur ses chaussures en cuir. Hugo essaie de boucher la fuite avec l'éponge tout en continuant à parler sans perdre sa pose d'intellectuel].

Je fais la vaisselle, comme vous pouvez le voir… Et je ne me contente pas de la laver; je la sèche. Je la trie par matériau! Je sais quelle fibre ne raye pas le Téflon et quel détergent a le pH neutre pour ne pas froisser la sensibilité du cristal. Sara fait une sieste bien méritée parce qu'elle s'occupe du bébé la nuit, et moi… eh bien, j'allaite. D'accord, c'est une prothèse médicale… mais je suis au sommet de la déconstruction. L'homme qui allaite. La "Nouvelle Masculinité" qui ose pleurer sur la tragédie existentielle de Buzz Lightyear. Vers l'infini… et au-delà, ha!

II. Les Derrières et le Nettoyeur de Piscine

HUGO: Mais le cerveau reptilien est un traître. Il refuse de disparaître parce qu'il sait qu'il est parfois totalement nécessaire: pour courir, pour se battre, pour pédaler… vous voyez? Pour réveiller un mari qui ne voit plus sa femme que comme faisant partie du décor de la cuisine, vous n'avez pas besoin de thérapie de couple. Vous avez juste besoin qu'elle se baisse pour ramasser un papier… et que vous la regardiez, par-derrière.

Boum! L'angle du bassin, l'architecture de la hanche... et le petit reptilien s'active au sous-sol de la psyché. En une microseconde, le type arrête de penser à l'épargne-retraite ou à l'égalité des genres, et tout ce qu'il veut, c'est chasser le bison, marquer un essai, et glisser vers l'en-but. Et pour être franc, il n'est même pas indispensable que ce soit le derrière de votre femme… dans ces cas de perturbation reptilienne, n'importe quel derrière fera l'affaire. N'importe lequel. N'importe quel cul.

Prenez hier... le nettoyeur de piscine. Un type fait d'une pure géométrie grecque. Un David de Michel-Ange en short de bain. J'étais là, avec mon livre sur La Sémiotique du Regard Profond, essayant de ne réifier personne...

[ACTION: Hugo fait mine de lire sérieusement, mais ses yeux s'abaissent violemment. Son cou se tord de façon anormale tandis que sa bouche continue de réciter des fragments académiques].

Mon esprit disait: "Hugo, respecte sa dignité humaine." Mais mon reptile interne hurlait: "Regarde cette courbure lombaire! Quelle structure robuste pour la cueillette des fruits!" Il est devenu mon coup de cœur inattendu. Et soudain... Bam! Le type se retourne. Nos regards se croisent. Il sait que je sais qu'il sait. Et que fait mon reptile? Il salue comme un mâle Alpha pathétique et total.

(Hugo lève le pouce avec un sourire maniaque et rigide): —"Hé... bon angle d'attaque avec ce balai, champion! Quelle... technique d'aspiration des feuilles!" Aspiration des feuilles! Pour l'amour de Dieu! Il me regarde comme si j'étais un psychopathe des arbustes et je cours à l'intérieur me cacher derrière ma machine Nespresso Nestlé.

III. La Guerre des Clans (La Règle des Deux Centimètres)

HUGO: Mon voisin, un ÉPICURIEN qui fait du yoga et sent le bois de santal... a planté un poteau de clôture à deux centimètres de ma propriété. Deux centimètres! À l'échelle de l'univers, ce n'est rien, mais dans mon cerveau primitif, c'est comme si quelqu'un pissait sur un terrain sacré. Je me suis retrouvé à 3 heures du matin avec un mètre ruban et une pelle, en sous-vêtements, hurlant: "C'EST MON TERRAIN, ESPÈCE D'HOMME-CHAT SOLITAIRE!"

C'était deux centimètres à l'intérieur de ma grotte, mesdames et messieurs. Et c'est là que le lézard a planifié sa vengeance silencieuse. Qu'est-ce que j'ai fait? J'ai garé ma voiture exactement devant l'entrée de son garage. Ce n'était pas nécessaire. Il y avait cinquante mètres de trottoir vide... mais mon instinct m'a forcé à déposer mon "SIGNATURE DISTINCTIVE" là. Le singe intérieur ne comprend pas l'urbanité; il comprend le territoire.

Je savais qu'il me regardait. Je pouvais sentir sa haine vibrer derrière les stores. Mais Lisandro est si "moderne" qu'il n'a pas eu le courage de m'affronter… Il est allé se plaindre à ma femme! Il a sauté la chaîne de commandement! Ma dignité s'est effondrée. Sara est sortie, m'a attrapé par l'oreille devant lui, et m'a réprimandé comme si j'avais six ans:

[ACTION: Hugo se tire lui-même l'oreille vers le haut, debout sur la pointe des pieds, sa voix devenant aiguë et soumise].

HUGO (comme Sara): —"Hugo, imbécile! Bouge la voiture tout de suite et demande pardon à M. Lisandro!"

Et j'étais là... déplaçant la voiture avec la tête baissée, tandis que Lisandro me regardait avec ce sourire suffisant de "jardin zen."

IV. Sara et le Fantôme de Duolingo

HUGO: (Se soignant le derrière) Ça fait mal! Mais l'âme a encore plus mal... Nous avons tenu 17 ans, Sara et moi. Dix-sept ans à s'appeler “chéri” et “ma chérie” comme une publicité d'assurance. Mais le train-train quotidien est un ninja qui vous tranche la gorge avec du fil dentaire. Le sexe n'était plus du feu; c'était... une procédure administrative. Comme le renouvellement de votre permis de conduire: de longues files d'attente, beaucoup de paperasse, et à la fin, vous obtenez un morceau de plastique froid qui ne vous ressemble même pas.

Et elle? Ma femme Sapiens au cube. Sara. Elle s'est laissé vaincre par la gravité. Elle s'est laissé aller... directement sur le canapé. Elle a perdu deux dents et s'en fichait complètement; elle disait que ça aidait le flux d'air pour sa prononciation française sur Duolingo. Pur optimisme!

[ACTION: Hugo imite Sara sur le canapé, bouche bée, faisant un sifflement étrange à travers le vide entre ses dents].

HUGO (comme Sara): —"Voilà Monsieur Trudeau... La pomme est rouge"... (Sifflement). Écoute cet accent, Hugo! C'est de la finesse...

HUGO: Elle savait dire "La pomme est rouge" en huit langues, mais elle avait oublié comment me dire "Je te veux" en français. J'essayais de la séduire avec ma meilleure tête de "Viking moderne," et elle me regardait comme une publicité YouTube que vous ne pouvez pas ignorer. Elle passait son temps à regarder des feuilletons espagnols sur les marquises et les ducs… Et moi, pendant ce temps, je googlais combien coûtait une Harley... quelque chose qui vibrait plus que notre mariage.

V. Le Héros du Petit Pain

HUGO: Le Hugo reptilien veut sauver n'importe quelle femelle en détresse... sauf la pauvre Sara. Un jour, le "Monsieur Indestructible" qui vit dans mes glandes surrénales a vu un petit punk arracher un sac de pain à une vieille dame. Mon moment! L'appel du destin!

[ACTION: Hugo essaie de commencer à courir héroïquement mais laisse échapper un cri étouffé et s'attrape le derrière. Il boite de façon exagérée, comme un pingouin blessé].

HUGO: Agh! Ma sciatique s'est réveillée! Mais j'ai poursuivi ce punk comme un guerrier spartiate... ou enfin, comme un canard avec une hernie discale. J'ai récupéré les deux petits pains et suis revenu avec ce sac comme si je rapportais une tête de sanglier à la grotte. À l'extérieur, j'étais un demi-dieu; à l'intérieur, mon nerf sciatique jouait la Neuvième Symphonie de Beethoven avec un câble haute tension.

Je suis arrivé avec mes jambes arquées, le torse bombé, en pleine agonie. Vous savez ce qu'est la douleur sciatique: vous ne marchez pas, vous bougez par inertie. Ma jambe droite a refusé de reconnaître mon autorité; elle agissait en solo, rigide, à un angle de 45 degrés pour éviter l'étincelle dans mon cul.

Sara n'a pas vu un héros... elle a vu un Homme-Parenthèse qui était à un éternuement de la paralysie totale. Elle portait deux sacs d'oranges de dix livres et elle m'a regardé comme: "Tu as risqué ta vie pour deux centimes de pain et tu m'as laissé porter vingt livres de courses? Tu portes le bidon d'eau de 5 gallons en haut des escaliers quand nous rentrons, mon cher 'Achille du trottoir'."

VI. Le Guerrier de la Route (Autoroute Sparte)

HUGO: Là où le singe Sapiens devient vraiment fou, c'est sur la route! Là-bas, ma voiture n'est pas une berline; c'est mon armure! Mon bunker! L'autre jour, un abruti m'a accroché le rétroviseur. Qu'est-ce que le "Sapiens Hugo" a fait? Il est mort! Assassiné par Mr. Hyde! Je suis sorti comme un démon: "Connard! Tu as profané mon territoire mobile! C'EST SPARTE!"

[ACTION: Hugo essaie un coup de pied style "300", mais la crampe lui fait crier: "Ayyyy!"].

Et le pire? Mes enfants sont sur le siège arrière, hurlant avec les veines du cou qui explosent: "Attrape-le, papa! Casse-lui la gueule! Déchire-le en morceaux!" J'ai dû me calmer. Une partie de moi dit "paix et amour," mais mon cerveau du Pléistocène dit: Je vais assassiner ce fils de pute. Je m'excuse d'une main tout en essayant d'empêcher mes enfants de sauter dehors pour finir le travail. Mon logiciel dit "câlins pas balles," mais mon hardware réclame une lance.

VII. L'Incident au Walmart

HUGO: Chez Walmart, trois femmes m'ont percuté avec leurs caddies. Bam! Juste dans le cul. Une meute de petites "femmes de uva" à l'esprit méchant mais très culottes. Elles me rassemblaient comme une bête de somme! Je suis allé voir le vigile: —"Monsieur, ces citoyennes agressent systématiquement mes fesses." Vous savez ce que la loi a fait? —"Oh, monsieur, ne soyez pas une tarlouze! Bougez plus vite et arrêtez de bloquer le passage." J'étais là, avec mes fesses en bouillie et mon armure cabossée!

Puis à la station-service, une dame me coupe la route. Je vais me plaindre et elle réplique: "Pourquoi me parlez-vous? Qui vous en a donné la permission?" Et avant que je puisse l'insulter, un type apparaît... un Hugonot de deux mètres de haut menaçant de me casser la gueule. Mon singe intérieur s'est transformé en une cacahuète émotionnelle et je suis retourné à la voiture avec la queue entre les jambes. Je suis un lion... fait de carton.

VIII. L'Incident de "Edna Mode"

HUGO: L'autre jour au travail, enseignant une leçon sur l'Éthique Nicomaquéenne, elle entre: une minuscule professeure, type Edna Mode. Elle est entrée et m'a dit que je faisais trop de bruit… Directement devant mes élèves! L'Hugonot interne a pris les commandes. Je suis allé à la classe d'à côté, j'ai ouvert la porte d'un coup de pied et j'ai rugi: —"Tu ne me dis pas de me taire, toi... non-entité! Je contrôle mon territoire!"

Silence total. Les élèves me regardaient comme si je me faisais pousser une queue de crocodile. Cinq minutes plus tard, un courriel des RH: "Demandez pardon ou vous êtes viré." J'y suis allé et j'ai présenté l'excuse la plus fausse et cynique qui soit: —"Je regrette mes 'formes', collègue... (sous ma respiration) mais c'est la guerre...". Elle a accepté avec un sourire de victoire et je suis parti furieux.

IX. Le Transfert des Trois Femmes (La Fête Swinger)

HUGO: Plus tard, ma relation avec les femmes a pris un tournant dramatique. J'étais là! Cheveux teints en bleu minuit, à une fête swinger. Avec trois femmes. TROIS! (Lève trois doigts). Essayant de me souvenir comment "l'acte" fonctionnait, multiplié par trois. Et les maris... ils me regardaient avec pitié et soulagement. Ils étaient dans un coin discutant passionnément de savoir si les lasagnes devaient avoir du poivre supplémentaire ou non.

[ACTION: Hugo mimes leaning against a bar, but his sciatica twinges. He freezes with one hand on his lower back and the other holding an invisible glass].

Ce n'était pas un "échange," c'était un transfert de dette émotionnelle. Ces maris me regardaient comme si j'étais le camion poubelle venant ramasser les déchets radioactifs de leurs mariages. Le vrai Alpha n'est pas le type avec trois femmes; c'est le type qui amène un autre idiot à s'occuper d'elles pour qu'il puisse parler de lasagnes végétariennes en paix! Ma délicate masculinité n'a pas rétréci par peur... elle a juste déserté. Rien ne s'est passé. Ça n'est même pas sorti pour dire bonjour. Maintenant, je sais ce que ça fait d'être harcelé!

X. La Finale Primale

HUGO: Le monde est un tas de merde, je le sais. Ma vie est un feuilleton où je suis la victime. Mais ça suffit! J'apporte mon vrai moi. Mon singe intérieur! Les motos et les fêtes ne fonctionnent pas. Je veux des tatouages, des tambours et un feu de joie!

[La lumière rouge inonde la scène. Un tambour tribal profond commence].

Plus de Duolingo! Plus de vaisselle! Plus de bébés qui allaitent! Laissez-la faire! Je libère l'Alpha Mâle Tectonique! (Il déchire le harnais et le jette dans le lave-vaisselle). Je me rase la tête! Je me peins le visage en rouge sang! Je marque mes nalgas avec des rayures couleur feu! Des marques qui disent: CECI EST MON CLAN! Et n'importe quel Lisandro qui s'approche de ma clôture sentira mes griffes dans sa gorge! Je suis un tigre! Je suis une panthère!

[Hugo beats his chest. Mimes putting metal through his nipples].

Plus de discussions polies! Seul le rythme du tambour! Pour rugir! POUR RUGIR!

[Hugo entre en transe. Sauter, tourner, émettre des cris gutturaux. Il est un singe nu dans une cuisine de quartz].

C'est mon moment! Je viens de naître, bon sang! Pour rugir! Pour marquer mon territoire! L'ANIMAL EST ARRIVÉ!!!

(Rugissement final. La lumière rouge s'intensifie. Le tambour s'arrête brusquement. OBSCURITÉ TOTALE).

martes, abril 14, 2026

El mundo ha vivido equivocado

 





El mundo ha vivido equivocado

Roberto Fontanarrosa


La épica de lo imposible: "El mundo ha vivido equivocado"

Si existiera un monumento al pensamiento aspiracional y a la verborragia de bar, tendría que tener la forma de una mesa con dos cafés y las sombras de Pipo y Hugo. En este relato, Fontanarrosa no solo escribe; filma en tecnicolor una fantasía de lujo y sofisticación que choca, inevitablemente, contra la realidad de un pocillo frío y una vereda gris en Rosario.

"El mundo ha vivido equivocado" es más que un cuento; es un ejercicio de puesta en escena mental. A través de un diálogo que funciona con la precisión de un reloj suizo, el "Negro" nos lleva de la mano por un día perfecto en Bora Bora, diseñado con un detalle tan obsesivo que termina por volver ridícula la propia perfección. Es la prueba definitiva de que, para Fontanarrosa, la literatura no estaba en los grandes eventos, sino en la capacidad humana de imaginar un mundo mejor mientras se espera que pase el tiempo en una esquina.

Prepárense para entrar en la mente de un estratega del placer imaginario y descubrir por qué, al final del día, quizás todos hemos estado viviendo un poco equivocados.











El mundo ha vivido equivocado

Roberto Fontanarrosa

HUGO: —¿Sabés cómo sería un día perfecto?... Suponete... que vos vas de viaje y llegás, ponele, a una isla del Caribe. Qué sé yo, Martinica, ponele, Barbados, no sé... Saint Thomas.

PIPO: —¿Martinica es una isla?

H: —Sí. Creo que sí. Martinica. La Isla de Martinica... Llegás a la isla... solo, ¿viste? Tenés que estar un día, ponele. Un par de días. Entonces vos llegás al hotel, un hotel de la gran puta, cinco estrellas, subís a la habitación, dejás las cosas y bajás a la cafetería a tomar algo. Es de mañana, vos llegás en un avión bien temprano, entonces es media mañana. Bajás a tomar algo.

P: —Un jugo.

H: —Un jugo. Un jugo de tamarindo, de piña.

P: —De guayaba, de guayaba.

H: —De guayaba, de esas frutas raras que tienen por ahí. Calor. Hace calor. Vos bajás, pantaloncito blanco livianón. Camisita. Zapatillitas.

P: —Deportivo.

H: —Deportivo.

P: —Tipo tenis.

H: —No. No. Ojo, pantaloncito blanco, pero largo, ¿eh? No short. No. Largo. Livianón. Bajás... poca gente. Música suave. Cafetería amplia. Te sentás a la mesa y... se ve el mar, ¿no? Se ve el mar. El hotel tiene su playa privada, como corresponde. Poca gente. Poca gente. No mucha gente. No es temporada. Porque tampoco vos vas de turismo. Vos vas por laburo. Una cosa así.

P: —Claro.

H: —Entonces ahí... a un par de mesas de la mesa tuya: una mina, sentadita. Desayunando.

P: —Sola.

H: —Sola... o con un macho. Mejor con un macho, ¿viste? Pero la mina te juna. Te marca. No alevosamente, pero registra. La mina, muy buena, alta, rubia, ojos verdes, tipo Jacqueline Bisset.

P: —Me gusta.

H: —La mina, poca bola. Marca de vez en cuando, pero poca bola.

P: —Jacqueline Bisset no es rubia.

H: —¿No es rubia? ¿Qué es? Castaña.

P: —Sí, castaña, castañona.

H: —Bueno... pero esta es rubia. Remerita azul, pantaloncitos blancos. Cruzada de gambas, fumando. Hablando con el tipo, recostada en el respaldo del silloncito. Esos silloncitos de caña.

P: —¿Silloncitos de caña? ¿En una cafetería?

H: —Bueno, no. Uno de esos comunes. O como estos (pega dos tincazos en el respaldo de su silla). Pero con apoyabrazos, ¿me entendés? Porque la mina está estirada, así, para atrás, medio alejada de la mesa. Mirando al tipo, cruzada de gambas. O sea, queda de perfil a vos. Pero... ¿qué pasa?

P: —¿Qué pasa?

H: —La mina se aburre. Se nota que se aburre. El tipo chamuya algunas boludeces y la mina hace así con la cabeza... pero se nota que se hincha las pelotas.

P: —Y claro, loco...

H: —Entonces, entonces... vos empezás a hacerte el bocho. Con la mina. ¿Viste cuando vos empezás a junar una mina y no podés dejar de mirarla? ¿Y que entrás a pensar "¡Mamita, si te agarro!"? Vos te empezás a hacer el bocho. Claro, te hacés el boludo...

P: —Porque está el macho.

H: —No. Pero el macho no calienta. Porque está de espaldas. No te ve. No te ve. Vos te hacés el boludo por si la mina mira. Cosa que no vaya a ser cosa que mire y vos estás sonriendo como un boludo, o que le hagas una inclinación con la cabeza...

P: —O que se te esté cayendo un hilo de baba sobre la mesa.

H: —Claro, claro. No. No. Vos, atento, atento, pero digno. Tipo Mitchum. Tipo Robert Mitchum.

P: —Bogart, loco. Vamos a los clásicos.

H: —Sí. Una cosa así. Fumando, el hombre. Medio entrecerrados los ojos por el humo del faso. Un duro.

P: —Sí. A esa altura yo ya estaría duro.

H: —También, también. Pero con dignidad. Porque por ahí te tenés que levantar y tenés que salir encorvado como el jorobado de Notre Dame y ahí se te va a la mierda el encanto. Cagó el atraque. No. Vos, en la tuya. Juguito, un par de sorbos vichando por encima de las pajitas esas, de colores...

P: —Los sorbetes.

H: —Los sorbetes. Una pitada. Mirando de vez en cuando al mar. Pero vos siempre atento a la rubia que balancea lentamente la piernita y a vos...

P: —A vos te corre un sudor helado desde la nuca.

H: —Desde la nuca hasta el mismo nacimiento de los glúteos. Y una palpitación en la garganta... ¿viste? Como a los sapos. Que se les hincha la garganta.

P: —Lindo espectáculo para la mina si te mira.

H: —No, pero eso te parece a vos desde adentro. No. Vos un duque. Un duque. Y... ¿viste? ¿Viste cuando vos decís "viejo, si esta mina me da bola yo me muero. Me caigo al piso redondo", y que medio agradecés que la mina esté con un macho porque te saca de encima el compromiso de tener que atracártela? Pero por el otro lado vos decís "¿Cómo carajo no me la voy a tirar, si esta mina es un avión, un avión?". ¿Viste?

P: —Típico.

H: —Pero vos, claro, perdedor nato, también pensás: "Esta mina ni en pedo me puede dar bola a mí". Porque es una mina de esas de James Bond, de esas bien de las películas. Un aparato infernal. Digamos, todo el hotel es de las películas, con piletas, piscinas, parques, palmeras, cocoteros, playas privadas.

P: —Catamaranes.

H: —Surf. Grones. Confitería con pianista, negro, también. Una cosa de locos. Entonces vos decís: "Esta mina no me puede dar bola en la puta vida de Dios". Pero, pero...

P: —Al frente.

H: —¡Al frente! Al frente... y por ahí, por ahí... el tipo se levanta.

P: —El tipo que está con la mina.

H: —El tipo que está con la mina se levanta y se pira. Le da un besito en la boca corto, y se pira. A vos, medio que se te estruja el corazón porque pensás: "Si el tipo este la besó en la boca, es el macho. No hay duda"... Porque uno siempre al principio tiene esa esperanza. "Puede ser el hermano", piensa, "un amigo", qué sé yo...

P: —Una institutriz de esas alemanas. Muy rígidas.

H: —Claro, claro. Pero cuando el tipo le zampa el beso en la trucha ya ahí medio que se te acaban las posibilidades... Aunque viste cómo son los yanquis, se besan por cualquier cosa. Ahí viene la mina, te da un chupón y es cosa de todos los días.

P: —¿Sí?

H: —Sí. Bueno, bueno. La cuestión es que la mina se ha quedado sola en la mesa. El tipo se piró. Se fue. Y la rubia está en la mesa mirando el mar. Balanceando la piernita. Y ahí te agarra el ataque. Ahí te agarra el ataque. ¡Está servida, loco! Sola y aburrida. Rebuena, para colmo.

P: —¡Qué te parece!

H: —Claro. Primero vos esperás. Te hacés el sota y esperás. Porque en una de esas vuelve el dorima. O el tipo ese que estaba con ella y es un quilombo. Entonces vos te quedás en el molde. Y te empieza a laburar el marote de que si te vas y te sentás con ella, ¿qué carajo le decís?

P: —Y además la mina habla en inglés.

H: —No sé. No sé. Eso no sé.

P: —¿La mina no es norteamericana?

H: —No sé porque vos no la escuchás. Vos la viste que está ahí chamuyando con el tipo pero no sabés en qué habla.

P: —Y... si habla en inglés te caga.

H: —Sí, sí... pero, esperá.

P: —Bah. Si habla en inglés, o en francés o en ruso, te caga.

H: —Pará, pará.

P: —Porque nosotros acá porque manejamos el verso, pero si te agarra una mina que no hable castellano...

H: —Oíme, boludo. Pará. ¿Vos sos amigo mío o amigo de la mina? La mina puede ser francesa, por ejemplo, y saber un poco de castellano.

P: —O española. La mina es española.

H: —¡No! Española no. Dejame de joder con las españolas.

P: —¿Por qué no?

H: —Las españolas son horribles. Tienen unos pelos así en las piernas.

P: —Sí, mirá la Cantudo.

H: —No, no... dejame de joder con la Cantudo. La mina es una francesa tipo, tipo...

P: —¿Por qué no la Cantudo?

H: —Tipo... ¿Cómo se llama esta mina?

P: —Romy Schneider.

H: —No, no. Esa mina...

P: —A mí dejame con la Cantudo y sabés...

H: —¡No rompás las bolas con la Cantudo! ¿Cómo se llama esta mina? Mirá, el día que vos me vengas con tu día perfecto, muy bien, que la mina sea la Cantudo. Pero yo estoy contando mi día. Además esta mina es rubia.

P: —Bueno. La próxima vez que me cuentes tu día perfecto, vos quedate con tu rubia. Pero que la rubia esté con la Cantudo y salimos los cuatro. Así...

H: —Está bien, está bien... ¡Catherine Deneuve! Catherine Deneuve. Un tipo así.

P: —Claro. Es muy rubia.

H: —De ese tipo. De cara medio angulosa. Y con esa voz así... profunda.

P: —Oíme, si no la escuchaste hablar. Decías...

H: —La mina es francesa, pero habla castellano porque ha vivido en el Perú. ¿Viste que los franceses viajan mucho a Perú?

P: —¿Sí?

H: —Claro. Porque esta mina es una mina del jet-set. Una arqueóloga o algo así, que viaja por todo el mundo.

P: —Una cosmetóloga.

H: —O dirige una línea internacional de cosmética. Una línea suiza de cosmética. O diseña moda. Habla varios idiomas. Y entonces habla castellano con un acento francés, arrastra las erres...

P: —Como el dueño del hotel donde para Patoruzú.

H: —Eso. Y tiene una voz profunda. Medio áspera. Como Ornella Vanoni.

P: —Ajá, ajá. Me gusta.

H: —La cuestión es que la mina se quedó sola en la mesa, fumando.

P: —Los puchos son Gitanes.

H: —Claro. Los puchos son Gitanes y tiene, ¿viste?, atado a una de las manijas del bolso, un pañuelo de seda. Fucsia. Bueno. Ahí, la mina se para. Se da vuelta. Y te mira.

P: —¡Mierda!

H: —Te mira, ¿viste? Te mira un momentito, pero no es una mirada de refilón. Una mirada de interés. Profunda.

P: —Ahí te acabás.

H: —No... vos, un hielo. Le mantenés la mirada. Serio. Sin un gesto. Como diciendo: "¿Qué te pasa, cariño?". Sostenés la mirada hasta que la mina se da vuelta y se manda para la playa con el bolso al hombro. Y... ¿viste cuando las minas se dan cuenta que las están junando, y entonces caminan remarcando más el balanceo?... ¿así? La mina se va para la playa despacito. Matadora. Claro. Vos estás paralizado en la silla, tenés la boca seca y si te mandás un trago del jugo te parece que tragás papel picado. Cualquier cosa parece. Te zumban los oídos.

P: —Te sale sangre por la nariz.

H: —No. No. Porque ya te recuperaste. Ya te recuperaste. Y ya empezás a sentir, ¿viste?, esa sensación, esa sensación, ese olfato, esa cosa... de la cacería, ¿no? Para colmo, para colmo... la mina llega al ventanal, todo vidriado. Porque la parte de la cafetería que da al mar es puro vidrio. Entonces, cuando la mina llega a la parte de la puerta donde ya sale a la parte de la playa, que hay una explanada y después está la arena, se para. Se para en la puerta, ¿viste? Como deslumbrada por el sol. Y mira para todos lados. Busca algo dentro del bolso con un gesto de fastidio...

P: —Los lentes negros.

H: —Algo así. Lo que pasa es que la mina está aburrida. Y en eso, antes de salir ya del todo, gira un poco. Y te vuelve a mirar...

P: —Ahh... jajajá...

H: —¿Viste cuando de golpe una mina te mira y vos no sabés...?

P: —Sí. Si te mira a vos o a alguien de atrás.

H: —Claro, claro, eso. Que vos te das vuelta para ver si atrás no hay otro tipo, qué sé yo, para asegurarte.

P: —Sí, sí.

H: —Pero no. La mina te vuelve a mirar a vos. Ya no tan largo, pero...

P: —Está con vos.

H: —Está con vos.

P: —La mina siempre seria.

H: —Ah, sí. Sí. Seria. Juna, pero ni una sonrisa. Los ojitos, nada más. No se regala. Digamos...

P: —Insinúa.

H: —Eso. Insinúa... Entonces vos llamás al mozo, ¿viste? "Mozo"... no te sale ni la voz. Tenés la garganta seca. "Mozo". Firmás tu cuenta y ahí nomás te mandás para la habitación. A los pedos.

P: —A la habitación.

H: —Claro. Porque vos ya viste que la mina se fue para la playa. O sea, la tenés ubicada y un poco la seguridad de que la mina se va a quedar ahí. Entonces vas a la habitación y te ponés la malla, cazás una toalla. Una revista...

P: —Ah. Eso sí. Imprescindible. Un libro...

H: —Sí. Sí, sí. Un libro, una revista, cualquier cosa, para llevar debajo del brazo y salís rajando para la playa cosa de que no vaya a aparecer algún otro y te primerée. Bajás y te mandás a la playa. Como siempre pasa, la primera ojeada que das, no la ves. Ahí te puteás, decís: "¿Para qué mierda me fui arriba a cambiar?". Y te desesperás. Pero por ahí ves que viene caminando, entre alguna gente que hay, tomando una Coca-Cola que ha ido a comprar. La mina te ve, pero se hace la sota. Se tira por ahí, en una lona. No, en una de esas reposeras y se pone a tomar sol. Medio se apoliya.

P: —Ahí te cagó.

H: —No, bueno. Al fin te la atracás.

P: —Ah, no. ¡Qué piola! Así cualquiera. Es como en esas películas donde un tipo dice: "Me voy a atracar esa mina" y después aparece con la mina, charlando lo más piola, encamado. Y no te dicen cómo el tipo se la atracó. Que es la parte jodida.

H: —Bueno. Pará, pará. Vos te quedás vigilando. Ves, por ejemplo, que no hay ningún peligro cercano. Ningún tipo, ningún tiburonazo como vos que ande rondando. O algún tipo con su mujer que vicha. Los yanquis, los ingleses por ahí ven una mina que es una bestia increíble y no se les mueve un pelo. Ni se dan vuelta. No dan bola. No son latinos. Entonces vos ves que no hay peligro cercano y planeás la cosa. Vos tenés una situación privilegiada: estás solo. Tenés tiempo. Tenés guita...

P: —No como acá.

H: —Claro. Además ahí no te juna nadie. No hay quemo posible. Entonces por ahí te vas un poco al mar, nadás, hacés la plancha. Y cuando volvés, ves que la mina está leyendo. En la reposera, pero leyendo. Entonces vos, desde tu puesto de vigilancia, ni muy cerca, ni muy lejos, te ponés también a leer. Por ahí te dan ganas, ¿viste?, de largar todo a la mierda, cazar un bote, alquilar un catamarán y disfrutar un poco en lugar de andar sufriendo por una mina por ahí... Pero claro, cuando la mirás y por ahí le ves mover una piernita...

P: —Venís muerto.

H: —Lógico. En eso la mina se levanta y se va para un barcito que hay en la playa, muy bacán. Ese es el momento, es el momento... Lo que vos me pedías que te explicara.

P: —Claro. Porque si no es muy fácil.

H: —Vos vas y te sentás al lado. Ya sin hacerte tanto el boludo, ya, ya en la lucha, y ahí vas a los bifes. Le preguntás, por ejemplo: "¿Usted es norteamericana?". En un tono monocorde. Casi, digamos, periodístico. Sin sonrisitas ni nada de eso. Ahí la mina te mira un momento, fijamente, y es cuando...

P: —Te cagás en las patas.

H: —¡Claro! ¡Claro! Porque ese es el momento crucial. Ahí se juega el destino del país. Si la mina se hace la sota y mira para otro lado... o si dice "sí", caza el vaso y se va a la mierda, perdiste. Perdiste completamente. Pero no. La mina te mira, dice "sí". "Sí, ¿por qué?". Y se sonríe.

P: —¡Papito!

H: —¡Papito! ¡Vamos Argentina todavía! ¡Se viene abajo el estadio! ¿Viste esas minas que son serias, que no se ríen ni de casualidad, pero que por ahí se sonríen y es como si tuviesen un fluorescente en la boca? ¿Que vos no sabés de dónde sacan tantos dientes? Una cosa...

P: —Como Farrah Fawcett.

H: —Sí. Que es una particularidad de las modelos. Están serias, de golpe le dicen "sonreí" y ¡plin!, encienden una sonrisa de puta madre que no sabés de dónde la sacan... Bueno, la mina te mira, te dice "Sí, ¿por qué?" y...

P: —Te da el pie.

H: —Claro. Te da el pie, para colmo. Entonces vos decís "permiso", el barrio es el barrio, y te sentás en el taburete de al lado y entrás al chamuyo...

P: —Muy facilongo lo veo.

H: —Lo que pasa es que la mina está con vos. Está con vos. La mina ya tiene decidido que te va a dar bola. No va a andar haciendo las boludeces de hacerse la estrecha o esas cosas. Es una mina que está en el gran mundo internacional y sabe lo que quiere. La mina va a los bifes. No se regala, pero va a los bifes. Si le gusta un tipo le da pelota de entrada y a otra cosa.

P: —Eso es cierto. Esas minas son así.

H: —Entonces vos empezás el chamuyo. Ya tranquilo. Ya gozando la cosa, porque sabés que la cosa viene bien, ya estás en ganador. Garpás los tragos, tirás unas rupias sobre el mostrador al grone y te vas con la mina para las reposeras. Y vos ves que los tipos te junan como diciendo "hijo de puta, se levantó el avión ese". Pero vos, un duque, fumás, te hacés el sota y la ves caminar a la mina delante tuyo...

P: —Bueno... el peor momento ya ha pasado.

H: —En fin. Entonces escuchame cómo es la milonga, la milonga del día perfecto: un poco de natación, el mar, las olas, te alquilás un catamarán... y a eso de las seis o siete de la tarde, te mandás al bar y te das algún trago largo...

P: —Un ron Barbados.

H: —Fijate, fijate... preferiría mejor un gin-tonic. Un gin-tonic.

P: —Loco, eso pedilo en Mombasa. En algún boliche de esos. Pero no te pidás un gin-tonic en un lugar así. Con esa mina...

H: —Grave error. Grave error. ¿Qué tomaban los tipos que aparecen en la novela de Hemingway, de esas en el Caribe, Islas en el Golfo, por ejemplo?

P: —Bacardí.

H: —¡Bacardí! ¡Y gin-tonic! Gin-tonic, mi amigo. Pero la cosa no es esa. No es que pidas tal o cual trago. La cosa es que no vayas a pedir algo que te tire a la lona. Tenés que pedir algo que más o menos sepas que te la aguantás. Mirá si todavía que ya tenés la mina en casa te levantás un pedo que flameás o te descomponés y después andás con diarrea, te cagás ahí en el lobby del hotel.

P: —Vomitás.

H: —Vomitás. Le vomitás las pilchas a la mina. Un asco, un asco. No, no. Un gin-tonic y la mina pide una cosa así. Ahí charlás un ratito. La mina muy piola. Muy bien. Muy agradable. Simpática.

P: —Muy bien la mina.

H: —Sí, sí. Una mina de unos 26 o 27 años. No una pendeja. Casada. Bien en su matrimonio. Bien. Que sabe lo que está haciendo. La mina quiere pasar bien esa noche y a otra cosa.

P: —Claro.

H: —Claro. Ninguna complicación. No es de las que te van a hacer un quilombo al día siguiente ni nada de eso. La mina sabe cómo son estas cosas.

P: —No. No se te va a venir a la Argentina tampoco.

H: —¡Nooo! ¡No! No es de esas que agarran el teléfono y te dicen "arribo a Fisherton mañana". Y se te arma tal despelote. No es nada de eso. Entonces...

P: —Entonces.

H: —Entonces te vas con la mina a la habitación del hotel.

P: —¿A la tuya o a la de la mina?

H: —A cualquiera. No, mejor le decís a la mina que vaya a su habitación y vos te vas a la tuya y te das una buena ducha.

P: —Te sacás toda la arena.

H: —Claro, te sacás la arena. Los moluscos que se te hayan quedado pegados. Y te vas a la pieza de ella... y bueno ahí, viejo, ¿para qué te cuento? Te echás 20, 25 polvos. Cualquier cosa.

P: —¿Veinticinco, che?

H: —Bueno... dejame lugar para la fantasía. Bah... te echás 5, 6. De esas cosas que ya los dos últimos la mina te tiene que hacer respiración boca a boca porque vos estás al borde del infarto...

P: —Sí. Que ya lo hacés de vicioso.

H: —Hay un país detrás tuyo. No es joda.

P: —Muy lindo, che. Muy lindo.

H: —No. No. No. Ahora viene lo interesante. Porque yo te digo una cosa. Te digo una cosa... eh... Pipo. Te digo una cosa, Pipo: el mundo ha vivido equivocado. El mundo ha vivido equivocado. Yo no sé por qué carajo en todas las películas el tipo, para atracarse la mina, primero la invita a cenar. La lleva a morfar a un lugar muy elegante, de esos con candelabros, con violinistas. Y morfan como leones, pavo, pato, ciervo, le dan groso al champán... Yo, Pipo, yo, si hago eso... ¡me agarra un apoliyo! Un apoliyo me agarra, que la mina después me tiene que llevar dormido a mi casa y tirarme ahí en el pasillo. O si no me apoliyo me agarra una pesadez, un dolor de balero. Eructo.

P: —Y eso no colabora.

H: —No. Eso no colabora. Por eso te digo. El mundo ha vivido equivocado. Yo no sé cómo hacían los galanes esos de cine que se iban a encamar después de comer.

P: —Es la magia del cinematógrafo, Hugo. Hay que admitirlo.

H: —Pero en este día perfecto que te digo yo, vos terminás de echarte los 15 polvos con la rubia, te levantás hecho un duque. Te pegás una flor de ducha, cosa de quitarte de encima los residuos del pecado y, ¿qué pasa? Tenés un hambre de la puta madre que lo parió. ¡Loco! No comés desde el desayuno que picaste alguna boludez. Y después no almorzaste porque el tipo que está de cacería no puede permitirse andar con sueño y hecho un pelotudo. Entonces, entonces... imaginate bien, eh. Prestá atención. Te empilchás livianito. La mina también. Ya es de noche. Está fresquito. No hay el calor puto que suele haber acá. Ahí refresca de noche. Vos como un duque pedís el morfi a la habitación. ¡Imaginate vos!... Vos ahí te sentís Gardel. Acabás de encamarte con una mina de novela. Estás en un lugar de puta madre, tenés un hambre de lobo... entonces te hacés traer un vino blanco helado, pero bien helado, de esos que duelen acá.

P: —Ahí es cuando uno se empieza a reír de cualquier pavada.

H: —¡Eso! ¡Claro! Que te reís de cualquier cosa... y ahí te vas al sobre con la rubia ya sin ningún apetito de ningún tipo, solo a disfrutar de la catrera. Te vas hundiendo en el sueño. Te vas hundiendo. Está fresquito. Entra por la ventana la brisa del mar. Oís el ruido del mar. Y un poco la música de abajo... (Pausa). Cobrame.