L’AMOUR DERRIÈRE LA CLOISON
(Tu n’étais pas sur ma carte)
by Gavarre Ben
® Benjamín Gavarre Silva
Contact: gavarreunam@gmail.com
benjamingavarre@filos.unam.mx
PERSONNAGES :
LAURENT (30 ans) : Architecte. Rationnel jusqu’à l’obsession. Sa vie est un bâtiment de verre qu’il craint de voir se briser. Atractif, rigide, et secrètement fasciné par ce qu’il s’interdit.
MATTHIEU (30 ans) : Danseur contemporain. Fluide, physique et sensible. Son désordre est une langue que Laurent refuse de traduire. Il vit d’auditions et de la frustration de ne pas être "vu" par son colocataire.
MONSIEUR GIRARD : Le voisin. Curieux et un peu refoulé ; il représente la morale traditionnelle, même si au fond, il envie la liberté des autres.
MADAME LEFEBVRE : La voisine perspicace. Une femme qui lit entre les lignes et lance des vérités comme des flèches enveloppées de politesse.
SCÈNE 0 : LE PROLOGUE – L’ORDRE DES FACTEURS
(Scène : Le salon est divisé par une ligne invisible d'habitudes. Côté LAURENT : minimalisme clinique. Côté MATTHIEU : un rack de costumes débordant et des partitions au sol. LAURENT est devant un miroir, se battant avec une cravate en soie. Il porte un costume impeccable. MATTHIEU vérifie des tenues tout en léchant une cuillère pleine de confiture de myrtilles).
LAURENT : (Sans le regarder) Matthieu, as-tu vu mes boutons de manchette en argent ? Ceux avec mes initiales. C’est mon premier rendez-vous avec la fille que ma mère m’a présentée. Une rousse "bien sous tous rapports", paraît-il.
MATTHIEU : (Léchant la cuillère) Troisième tiroir du buffet de ta tante… Une "Héritière du Marais", j’imagine ? Si c’est ta mère qui l’a choisie, elle doit avoir trois noms de famille et un appartement face au Luxembourg. Tu vas t’ennuyer avant même le premier verre, Laurent. Cette femme n’a aucun sous-texte.
LAURENT : (Ajustant son nœud) C’est la suite logique. La stabilité. Je ne peux pas passer ma vie en colocation avec un danseur qui répète ses chorégraphies à trois heures du matin. Désolé d’être brusque, mais c’est ainsi.
MATTHIEU : (Il se lève ; le mot "colocation" le blesse). Bien sûr. "Colocataires". Même pas un petit "colocs"… Juste deux personnes qui partagent un code postal. (Il s’approche et ajuste la cravate de Laurent avec des doigts qui tremblent). Tu es… parfait. Si parfait qu’on dirait une image de synthèse d’un immeuble où personne n’habite vraiment. Cette fille aura de la chance si vous "cliquez".
LAURENT : (Il se fige. Son souffle se coupe un instant). La perfection n'existe pas, Matthieu. Mais il faut de l'ordre dans cette vie. Les mathématiques ne mentent pas : l'ordre des facteurs altère ma paix.
MATTHIEU : Je ne sais pas… Je te répondrai avec ces vers : "J'ai un je-ne-sais-quoi... après avoir vu un qu'en-dira-t-on, et ça m'a fait un tel machin, comme on dit, que je me suis bidule-chose."
LAURENT : Je n'ai aucune idée de ce que ça veut dire. Tu m’expliqueras ça un jour… Je suis pressé.
(On sonne. C’est MADAME LEFEBVRE avec un bouquet de rue).
LEFEBVRE : Eh bien, quel chic ! Je vous apporte de la Rue. C’est pour attirer l’amour, combattre l’indifférence ou chasser les mauvaises ondes… Mettez-en sous vos oreillers—chacun le sien… ou comme vous voulez.
LAURENT : C’est juste un rendez-vous, Madame Lefebvre. Ce n’est pas une question d’amour, c’est pour des raisons de stabilité.
LEFEBVRE : (Regardant les deux avec des yeux sages). Vous savez, fiston… le destin, c’est comme l’humidité : ça trouve toujours la fissure. (Elle sort avec un clin d’œil).
LAURENT : Souhaite-moi bonne chance, coloc. (Il sort).
MATTHIEU : (Chuchotant) Bonne chance à la rousse… Qu’est-ce qui ne va pas chez moi avec cet homme ?
SCÈNE 1 : LE JOURNAL DE BORD ET LA HOULE
(Scène : LAURENT est assis devant son bureau. La lumière de l'ordinateur est le seul phare dans la pièce. Sa main droite bouge de façon saccadée sous la table ; sa respiration est courte. Une boîte de mouchoirs est au bord du bureau).
LAURENT : (Un murmure à l’écran) Presque… l'horizon s'éclaircit… entre dans le port… ne t'arrête pas maintenant…
(MATTHIEU entre avec une seule chaussure, cherchant l'autre. Il s'arrête net en voyant la silhouette rigide de LAURENT. Il observe le mouvement sous la table, puis regarde la boîte de mouchoirs. Un sourire lent se dessine sur son visage. Il sort en silence. Il rentre à nouveau en faisant du bruit avec ses clés).
MATTHIEU : Tu as vu ma boussole, Laurent ? J'ai l'impression que les courants de cet appart me font toujours percuter ton bureau.
LAURENT : (Ferme brusquement l'ordinateur. Sa respiration est un désastre). J’étudiais… j’étudiais les marées, Matthieu. C’est un rapport… cartographique. Très dense. Les mathématiques ne mentent pas : l'hydrodynamique est une affaire complexe.
MATTHIEU : (S'appuie contre le cadre de la porte). Les marées. Bien sûr. Tu as l'air épuisé, comme si tu venais de traverser l'Atlantique sur un radeau à une seule rame. Tu as le front trempé. Y a eu une tempête sur ton moniteur ?
LAURENT : (Prend un mouchoir et essuie sa sueur). Le climat en haute mer est imprévisible. L'humidité… est corrosive. Les mouchoirs sont pour la brume. Je ne veux pas que l'équipement s'oxyde. C’est de la prévention nautique.
MATTHIEU : (Baisse la voix). C'est admirable, Laurent. Mais fais attention à ne pas naviguer seul trop longtemps. Rentrer au port est plus doux quand quelqu'un t'attend sur le quai pour t'aider avec les amarres.
LAURENT : (Rigide) Je préfère les traversées individuelles. Moins de marge d'erreur dans le journal de bord.
MATTHIEU : (Sortant) Rappelle-toi que même les capitaines les plus stricts ont besoin de descendre à terre de temps en temps… et de lâcher la barre. (Il sort).
SCÈNE 2 : LA CHALEUR DES DEUX COUVERTURES
(Scène : Nuit profonde. L'appartement est dans la pénombre, seulement éclairé par la lumière froide du réfrigérateur ouvert. LAURENT est devant, torse nu, buvant du lait directement à la bouteille. MATTHIEU entre en caleçon et s'arrête à quelques centimètres de son dos).
LAURENT : (Voix vibrant sous l'effet du froid et de la présence de Matthieu) Tu défies la biologie, Matthieu. Le parquet est gelé. Tu vas finir par tomber malade.
MATTHIEU : (S'approche encore. Son souffle effleure la peau nue de Laurent). Ma chambre est un igloo, Laurent. Les draps sont froids comme de l'acier.
LAURENT : (Se tourne face à lui. Le regarde avec un mélange de peur et de fascination). Tu trembles.
MATTHIEU : Je tremble de froid, Laurent. Ou de manque d'air. Ma couverture est un mensonge. Elle couvre, mais elle ne réchauffe pas.
LAURENT : (Sa main s'élève mais ne le touche pas). La mienne aussi est mince. C'est une couverture structurelle.
MATTHIEU : (Chuchote contre son torse) Je pensais… qu’avec deux couvertures sur un seul lit… on pourrait tromper le gel. Une couverture sur l’autre. Ou deux corps sous les deux.
LAURENT : (Soupir de reddition). Deux couvertures. C'est… logistiquement efficace. Pour ne pas mourir d'hypothermie. Mais seulement pour le froid, Matthieu. Pas de bêtises.
MATTHIEU : (Souriant) Pas de bêtises, Laurent. Je te le promets.
(Ils se dirigent vers le couloir. Noir).
EPILOGUE SCÈNE 2 : LE LENDEMAIN
(Scène : Matin. Lumière du soleil. LAURENT déjeune debout, impeccable. MATTHIEU entre ébouriffé cherchant du café. Leurs regards se croisent et se détournent aussitôt).
LAURENT : (Sans le regarder) Plus de lait. J'en achèterai en sortant du bureau.
MATTHIEU : Oui. Et moi je dois faire une lessive. Mes chemises et mes pantalons s’accumulent… les draps aussi…
LAURENT : (Nettoie une miette invisible). Il va faire très chaud aujourd'hui… Mais ce soir, il va peut-être pleuvoir. Un trench-coat suffira, je déteste les parapluies.
MATTHIEU : (Mal à l'aise) Je ne pense pas qu'il pleuve… mais on ne peut pas tout contrôler… comme la météo. (Se rend compte qu'il parle trop) Je vais prendre mon parapluie quand même.
SCÈNE 3 : LA TABLE BANCALE ET LA RÉSISTANCE DU BOIS
(Scène : Deux jours plus tard. LAURENT est sous la table basse, en short de sport, travaillant avec une fureur silencieuse).
LAURENT : (Voix métallique) Matthieu ! Passe-moi la pince multiprise. J'ai besoin de quelque chose qui tienne bon, quelque chose qui ne lâche jamais, quoi qu'il arrive.
MATTHIEU : (Penché, regardant ses jambes). Tu as de la sciure sur la cuisse, Laurent. On dirait une marque.
LAURENT : (Se tend). La marque n'a pas d'importance. C’est le bois qui cède. Donne-moi le tournevis cruciforme. Je dois serrer ça fort ; si je laisse du jeu, ça va continuer à tanguer.
MATTHIEU : (S'accroupit. L'espace est étroit. Leurs épaules se touchent). Parfois, trop serrer casse la fibre. On pourrait mettre un carton… quelque chose d'alternatif qui amortirait.
LAURENT : (Regard noir). Un carton ? Ta solution pour tout est un pansement, Matthieu. Je ne veux pas de solutions temporaires. Je veux que les choses restent à leur place, même si ça fait mal de les visser.
MATTHIEU : (Chuchotant) Les tables ne savent pas qu'elles sont instables. Mais nous, si.
LAURENT : (Donne un dernier tour). Voilà. Tu vois, ce n'était pas si difficile. Stable comme un temple.
SCÈNE 4 : L’ARCHITECTURE DU DÉSIR
(Scène : Laurent est seul dans le salon. Il nettoie le rack de Matthieu. Il s'arrête devant une cotte de mailles médiévale et un harnais en cuir noir).
LAURENT : (Rrangeant des cintres) Désordre… pur désordre. Comment peut-on vivre au milieu de ces chiffons ? (Il touche la cotte de mailles ; cliquetis métallique). Une armure médiévale… un costume de clown… (Il sort le harnais en cuir). Et ça ? Cuir noir… résistant… masculin…
(Laurent retire sa chemise. Il enfile le harnais et la casquette de cuir devant le miroir. Sa posture change : c'est l'autorité pure).
LAURENT : (Voix grave) "Citoyen… je suis votre supérieur… vous devrez m'obéir. Comme si vous étiez mes chiens… mes instincts de chien."
(GIRARD et LEFEBVRE apparaissent à la porte. Laurent ne les voit pas. Puis MATTHIEU arrive et reste pétrifié au fond).
GIRARD : (Chuchotant) Un motard de l'enfer est entré au 4B.
MATTHIEU : Eh bien… on dirait qu’on va avoir une soirée cuir.
LAURENT : (Sursaute. Tente de cacher son torse nu). C'est… c'est un test de matériaux ! Je vérifiais la résistance du cuir face à la pression atmosphérique ! Je suis désolé d’avoir touché tes affaires, je n’ai pas pu m’en empêcher.
LEFEBVRE : (Riant) Fiston… tu es magnifique, et très viril… avec la casquette, ton regard devient plus… profond.
MATTHIEU : (S'approchant). Ton nouveau look n’est pas mal du tout. Ça a du style.
LAURENT : (Fuyant vers sa chambre, trébuchant). C’est fini ! J'admets que j'ai eu tort, mais je ne permets pas qu’on se moque de moi !
SCÈNE 5 : L’UNIFORME ET LE SIMULACRE D’AUTORITÉ
(Scène : Quelques minutes plus tard. LAURENT est à son PC, encore mal à l’aise. MATTHIEU entre habillé en agent de sécurité pour une pub).
MATTHIEU : Citoyen ! Identifiez-vous. Périmètre de haute sécurité.
LAURENT : (Son pouls s'accélère, mais il ne quitte pas l'écran des yeux). Matthieu, s'il te plaît. Je ne suis pas d'humeur.
MATTHIEU : (Tournant autour de lui). Je ne suis pas Matthieu. Je suis l'officier chargé de faire régner l'ordre. Tu trouves que j'impose le respect, Laurent ? Ou je manque de fermeté ?
LAURENT : (Déglutissant). Tu as l'air de quelqu'un qui n'accepte pas de "non".
MATTHIEU : Si je t’arrêtais maintenant… tu te laisserais faire ou tu résisterais ?
LAURENT : (Touchant le tissu de l'uniforme). Je ne résiste pas à l'autorité… mais tu n'es qu'un acteur… et je ne te crois pas.
MATTHIEU : Tu es sûr ?
LAURENT : Je ne te crois pas du tout.
(GIRARD entre sans prévenir).
GIRARD : Eh bien ! Qui a appelé la police ?
MATTHIEU : Il m'aide à répéter une scène… Je vais l'emmener en prison, Monsieur Girard. Vous nous aidez ?
GIRARD : (Déconcerté) Je suis bien trop vieux… Mais on voit que vous êtes bons acteurs… tous les deux. Profitez-en, parfois on finit par rester sur sa faim. (Il sort).
LAURENT : (S'écarte brusquement de Matthieu. Intention : Attaque de panique défensive). Va te changer. Ou continue de répéter, mais seul. Je n'ai plus le temps de jouer.
MATTHIEU : Je vais aller répéter devant mon miroir, puisque c’est ça… Et ce n’est pas qu’un jeu… Tu le sais. C’est mon métier.
SCÈNE 6 : LA TÉLÉCOMMANDE DE LA DISCORDE ET LA FAUNE
(Scène : LAURENT nettoie la table. MATTHIEU mange une tartine de confiture).
LAURENT : Ne laisse pas de miettes, Matthieu.
MATTHIEU : Détends-toi. Prends un bout de ma tartine à la confiture de myrtilles, c’est délicieux.
LAURENT : (Touche la télécommande ; sa main reste collée). Tu as couvert la télécommande de confiture ! Tu l’as sûrement cassée.
(Matthieu allume la télé. Les chaînes défilent à toute vitesse).
TV (VOIX) : "Ici, nous voyons le crabe ermite. Solitaire, comme son nom l'indique… Il ne reste généralement pas longtemps… dans sa vieille carapace."
LAURENT : Tu vois ! La télé a pris vie ! Éteins-la, débranche-la !
(MADAME LEFEBVRE entre).
LEFEBVRE : Il faut abandonner les vieilles carapaces quand c’est nécessaire. Mais ça ne veut pas dire changer de maison, comme ce pauvre crabe… Parfois, c’est juste une question d’apprécier ce qu’on a sous les yeux. (Elle sort).
LAURENT : (Regardant le pot de confiture) C’est fini, Matthieu. Je n’en peux plus de tout ça.
SCÈNE FINALE : L’INAUGURATION DU CHAOS
(Scène : Statique bleue sur l’écran. LAURENT tient la télécommande avec un chiffon. Il tremble).
LAURENT : (Voix tranchante) Tu ne peux pas simplement… tout déconfigurer ! Tu ne peux pas casser les appareils et rester si tranquille. Je ne peux même plus regarder la télé chez moi.
MATTHIEU : (Se levant) Tu ne préférerais pas rester en silence chez toi ?
LAURENT : (Se tourne brusquement). Je n’aime pas quand tu me regardes comme ça, fixement, comme si tu savais quelque chose que j’ignore.
MATTHIEU : Je sais très bien ce que tu sais parfaitement toi aussi… Ne joue pas à ça.
LAURENT : Peut-être, oui… et pardonne-moi. C’est ta maison aussi. Nous vivons tous les deux ici… mais nous ne vivons pas ensemble.
MATTHIEU : Colocataires. Colocs. C’est ce que nous sommes.
LAURENT : J'avais un plan, Matthieu. Une carte. Une vie logique, une route tracée... et tu n'étais pas sur cette carte.
MATTHIEU : (Face à lui). Et ton plan, il prévoyait de me réchauffer à trois heures du matin… avec ton coloc ?
LAURENT : (Criant) Je préfère une vie ordonnée ! Je préfère les choses prévisibles à ce "je-ne-sais-quoi" qui me coupe le souffle quand je te vois !
(La tension explose. MATTHIEU le prend par la nuque et l'embrasse. C'est un choc qui brise la résistance de LAURENT. LAURENT se fige et, après une seconde, s'abandonne sans pouvoir se retenir davantage. La télécommande tombe. Ils s'enlacent avec fureur. Ils se séparent, presque à bout de souffle).
LAURENT : (Chuchotant, touchant ses lèvres) Qu’est-ce qu’on… qu’est-ce qu’on vient de faire ?
MATTHIEU : Je… je voulais juste que tu arrêtes de trop réfléchir.
LAURENT : (Une petite dérision surgit). C’était bien ? Tu… tu l’as senti ?
MATTHIEU : C’était… bien plus que bien. C’était comme si on allumait toutes les lumières de la ville en même temps.
LAURENT : (Éclate d'un rire libérateur). Mon Dieu ! Et c’était si facile ! (Rit et embrasse Matthieu). Toute cette carapace brisée par un baiser foudroyant ! Qu’est-ce qu’on a été bêtes !
MATTHIEU : (Riant) On a eu du mal à trouver le bon moment !
(Ils rient. Ils s'embrassent à nouveau).
(À la porte, GIRARD et LEFEBVRE observent. Ils sourient et hochent la tête. La vie a trouvé son cours).
LAURENT : (Pousse la télécommande d’un coup de pied). Fini la télé, Matthieu ! Et plus d'écrans pour le moment… On va arriver au port ensemble, dans notre petite maison… Tu préfères ta chambre ou la mienne ?
MATTHIEU : La mienne… j'ai mis des draps propres… même si tu ne me crois pas.
LAURENT : Ça, il va falloir le vérifier… À plus tard, les voisins.
(Ils s'enlacent alors que la statique s’éteint, laissant seulement la lumière chaude du salon sur eux).
RIDEAU.